Comment naissent les personnages ?

Souvent se pose au début du livre la question du narrateur . Qui est-il ? Si le héros  raconte lui-même son aventure, l’histoire m’invite alors à entrer dans la peau de quelqu’un que je ne suis pas, ce qui est le cas dans l’Ogresse. Le temps de l’écriture je deviens  un  ou une autre et étrangement je ressens ses peines, je jubile, m’électrise pour les événements d’une vie qui n’existe que dans mon imagination. C’est intéressant et vertigineux à la fois d’être dans l’émotion d’un autre.

Dans la Rue des enfants, je me suis inspirée de mes ancêtres, le pouvoir du romancier m’a autorisé à leur inventer une vie, probablement à la magnifier mais qui sait ? Je me suis attachée à Paul, mon grand-père dont j’ai fait un être d’exception, j’ai même réussi à aimer ma grand-mère qui dans ma mémoire n’était pas toujours très gentille. Dans ce livre il y a beaucoup de personnages (12 principaux  et des satellites) et le narrateur tout puissant que j’étais se refrénait pour ne pas en créer encore et encore tant il est jubilatoire d’inventer des personnages.

Rose dans De la vie au trépas.com rencontre au fil du bouquin une multitude de personnages; Romuald le vieil acteur est un mixte de Jean Dussolier et de Jean-Claude Drouot; ou Joshua un jeune adulte geek mais aussi des détectives décalés  ou une voyante altruiste. Rose est venue à moi sans préméditation, elle est la voisine de métro, l’employée de banque anonyme que l’on croise chaque jour. Le challenge est de penser que votre voisin de palier est capable de toutes les excentricités. C’est fascinant et je vous conseille l’exercice, il suffit d’une feuille et d’un stylo !